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Toujours plus heureux et plus riches : nos amis sur les réseaux sociaux

20 janvier 2014

Sur les réseaux sociaux, on observe un paradoxe : nos amis ont plus d’amis que nous. 10, 100, 200…  peu importe finalement combien on en compte. Et ils semblent toujours nous renvoyer une image meilleure que la nôtre ! Cette observation ne date pas du web social : elle avait déjà été pointée par le sociologue Scott Feld en 1991, lorsqu’il s’était intéressé à nos relations sociales. Il avait ainsi théorisé cette singularité de « paradoxe de l’amitié ».

Mais à l’heure des réseaux sociaux, où le terme « amis » est affiché partout, deux jeunes chercheurs se sont penchés de plus près sur cette observation empirique pour la vérifier. Et ont réussi à expliquer, dans une étude relayée par la revue technologique du MIT pourquoi et comment les réseaux sociaux nous donnent l’impression que nos amis sont toujours plus populaires, plus riches et plus heureux.

Les deux chercheurs, Young-Ho Eom de l’université de Toulouse et Hang-Hyun Jo de l’université Aalto en Finlande expliquent ainsi :

« Le paradoxe tient au fait que le nombre d’amis des personnes est distribué d’une façon qui suit une loi de puissance plutôt qu’une relation linéaire ordinaire. Ainsi, la plupart des gens ont seulement quelques amis tandis que seulement un petit nombre de personnes ont beaucoup d’amis. »

L’idée de cette étude est de déterminer les conditions mathématiques qui permettent ce « paradoxe de l’amitié ». Pour Eom et Jo, cela viendrait de la topologie des réseaux et de la façon dont les noeuds d’amitié sont reliés entre eux :

« C’est ce deuxième petit groupe qui cause le paradoxe. Les personnes ayant beaucoup d’amis sont plus susceptibles d’élever leur nombre d’amis en puisant parmi les vôtres. Et quand ils le font, ils augmentent de manière significative le nombre moyen d’amis que vos amis ont. C’est la raison pour laquelle, en moyenne, vos amis ont plus d’amis que vous en avez. »

Ils ont alors essayé d’appliquer ce modèle mathématique à d’autres éléments plus qualitatifs des liens sur les réseaux sociaux. Résultat ? Le « paradoxe de l’amitié » s’appliquerait aussi aux caractéristiques du groupe, telles que la richesse, le bonheur ou encore la popularité :

« Quand un paradoxe émerge de la façon dont les noeuds sont reliés entre eux, toutes les autres propriétés de ces noeuds montrent la même nature paradoxale, pour autant qu’ils soient en corrélation d’une certaine manière. »

Ce serait donc aussi pour cette raison, avancent les chercheurs, que nous nous sentons souvent moins heureux que nos amis en regardant leur fil d’actualité Facebook… un fait qui suscite des tendances à la dépression parmi certains (grands) adeptes des réseaux sociaux !

Pour en savoir plus, c’est par ici.

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