Organes artificiels : vers une nouvelle espèce humaine réservée aux riches ? share
back to to

Organes artificiels : vers une nouvelle espèce humaine réservée aux riches ?

8 septembre 2014

Cœurs électroniques, yeux bioniques, implants contre la surdité… Les nouvelles technologies s’invitent désormais dans le corps humain et promettent de pallier ses faiblesses. Mais compte tenu de leur coût prohibitif, ne pourraient-elles pas, à terme, n’être accessibles qu’à une frange restreinte de la population, creusant par là-même les inégalités ? C’est la théorie élaborée par l’historien Yuval Noah Harari dans son dernier livre, Sapiens, relayé dans un article du Guardian.

Cet accroissement des inégalités entre classes sociales se concrétiserait, selon l’historien, par l’émergence d’une « espèce humaine augmentée », caractérisée par les différents artifices technologiques dont les plus riches pourraient se doter. 

De la santé à la performance

Pour la première fois de son histoire, l’être humain devient acteur de son évolution. Les récentes avancées médicales permettent ainsi de concevoir des innovations artificielles plus satisfaisantes que les solutions biologiques existantes, et parviennent à mettre un terme à des pathologies autrefois considérées comme irréversibles.

Tel est le cas du second coeur artificiel de l’Histoire, greffé en août dernier. Ou de l’implant auditif Cochlear, récemment mis sur le marché et qui redonne l’ouïe… à d’anciens sourds. Un petit appareil pour lequel il faut débourser la coquette somme de 40 000$, tout comme la plupart des innovations médicales de pointe.

Si les recherches médicales s’orientaient jusqu’à présent essentiellement sur le maintien d’un niveau décent de santé pour le plus grand nombre, elles se tournent aujourd’hui vers l’amélioration des capacités humaines (augmentation de l’espérance de vie, résistance aux attaques virales, contrôle de ses émotions, capacités mémorielles décuplées etc.), pour une élite prête à en assumer les frais. 

Vers une nouvelle espèce humaine

Et la gravité de cette situation n’est pas à prendre à la légère selon Yuval Noah Harari, car certains envisagent même d’utiliser les nouvelles technologies pour altérer l’ADN et optimiser l’intelligence humaine. Un créneau investi par le Beijing Genomics Institute, le plus important centre de recherche en génétique du monde, qui veut désormais modifier génétiquement les embryons.

Aucune loi naturelle ne prédit qu’une seule espèce humaine ne serait envisageable sur Terre. C’est pourquoi Yuval Noah Harari pressent l’ouverture d’un siècle plus que jamais inégal, où apparaîtra une élite d’individus augmentés, qui coexisteront avec d’autres espèces humaines. Les handicapés aisés pouvant, par exemple, s’équiper de technologies telles que les BCI (Brain computer interfaces) pourraient ainsi retrouver l’usage de leurs membres, pendant que les autres Sapiens seraient simplement préoccupés par des problèmes récurrents de santé.

Autant d’innovations qui pourraient creuser les inégalités sociales mais questionnent aussi la nature humaine. De fait, quid des individus dont les cerveaux seraient connectés à Internet par exemple ?

Pour en savoir plus et retrouver l’article du Guardian, c’est ici.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email