Travail : prendre le capitalisme cognitif au sérieux ! share
back to to

Travail : prendre le capitalisme cognitif au sérieux !

9 octobre 2014

Croissance en crise, emploi en crise, travail en crise… la rhétorique est peu enthousiasmante, et le numérique semble être logé du côté des crises, soulevant plus de problèmes que de solutions…. 

– Selon les études, 40% à 70% des emplois d’aujourd’hui seront automatisés dans 20 ans
> A quoi ressemblera alors le travail demain ?

– Un jeune entrant dans l’emploi aura plus de 10 employeurs dans sa vie
> Faut-il repenser les communautés de travail au-delà de l’entreprise, voire de l’emploi ?

– Un collaborateur entre dans l’entreprise avec ses compétences, ses outils, ses réseaux, sa réputation >
Comment les entreprises valoriseront-elles le patrimoine de leurs collaborateurs ?

– Les inégalités se creusent entre travailleurs de la connaissance (knowledge workers) et exécutants, dirigeants et dirigés, entrepreneurs et collaborateurs
> Comment imaginer un numérique qui étend les opportunités de tous ?

– Salariat, auto-entrepreneuriat, activités collaboratives, formation, retraite : les frontières se brouillent
> Faut-il mesurer autrement la valeur du travail et des autres activités, détacher revenus et activités ?

Peut-être est-ce moins le travail qui est en crise que la reconnaissance – symbolique et financière – d’une production de valeur, plus fortement attachée à l’individu et à son capital « cognitif ». Le travail devient ainsi de plus en plus « vivant » (Toni Négri). Et son efficacité repose plus encore qu’avant sur la capacité d’apprentissage, d’innovation, d’adaptation, de singularisation des individus.

Si l’on prend au sérieux cette approche du « capital cognitif », tout l’enjeu va être de soutenir l’individu dans la maîtrise de son « écosystème d’activités » : c’est-à-dire dans cet environnement à la fois informationnel, cognitif, relationnel, technique qu’il se construit lui-même en partie et affine au fil de ses expériences personnelles, professionnelles, de loisirs, militantes. Cet écosystème est à la base de ses identités, de son évolutivité, de son employabilité. Armer l’individu et l’aider à construire un écosystème d’activités « capacitant » pourrait nécessiter d’y associer, par exemple, un droit d’accès à des outils (une musette numérique du travailleur ?), un droit opposable à un lieu ou un espace de travail, une rémunération de base, une portabilité des droits de formation…

Mais un autre enjeu sera alors aussi de préserver l’humain d’une approche totalisante où l’ensemble de sa personne et tous ses pans de vie viendraient à « compter ». Peut-on envisager une société où le travail productif s’étend à tous les temps sociaux ? Est-ce vraiment le choix de société que nous souhaitons ?

La Fing vous invite à venir découvrir les résultats du groupe de travail Digiwork lors de la 6e édition de l’édition française de Lift, les 21 et 22 octobre à Marseille sur le thème de l’avenir du travail. Au programme : une journée de conférence pour comprendre et questionner (en compagnie de Stefana Broadbent, Patricia Vendramin, Ben Waber, Antonio Casilli, Carlos Verkaeren, Henry Stewart, Jordin Serrano …), une soirée pour découvrir des projets innovants sur ce thème et une journée d’ateliers pour se projeter et agir sur les transitions du monde du travail. Inscrivez-vous !

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email