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Trois inspirations pour recycler les données du data-journalisme

1 août 2014

Il y a quelques semaines, nous nous demandions quel allait être l’avenir du journalisme de données. Que faire des data collectées par les journalistes et qui n’ont pas d’utilité immédiate ? Aux Etats-Unis, plusieurs médias citoyens indépendants explorent de nouvelles pistes pour augmenter la valeur de cette nouvelle forme de traitement de l’information : une fois ces données structurées et organisées, elles pourraient être recyclées et nourrir d’autres études d’intérêt public. Trois inspirations présentées par le Public broadcasting service (PBS).

Toute donnée a un intérêt , donc toute donnée a un prix

Certains services comme ProPublica proposent aujourd’hui aux journalistes, mais aussi aux entreprises et aux chercheurs, différents jeux de données. Et le succès est au rendez-vous : en seulement 4 mois, ce sont 500 jeux qui ont été téléchargés et qui ont rapporté au site plus de 30 000 dollars. Un nouveau marché de niche ? Si la majorité des données sont gratuites, les clients – principalement issus du secteur pharmaceutique – qui ont payé pour des « bases de données premium » ont de fait, un fort potentiel de fidélisation.

Des jeux de données qui constituent aussi en un gain de temps précieux pour les journalistes eux-mêmes, qui peuvent alors se consacrer à l’analyse et à la mise en perspective – leur première valeur ajoutée. Si ProPublica peut se féliciter de tirer des bénéfices, le site admet néanmoins qu’ils restent trop minimes pour financer une investigation complexe.

Faire des internautes des créateurs de données

D’autres médias comme le Texas Tribune proposent des services pour la consultation des données relatives à la rémunération des fonctionnaires ou à la condamnation des détenus. Mais pour les consulter, le média impose à l’internaute de remplir au préalable un rapide questionnaire le concernant. Les données sont ensuite enregistrées et le visiteur devient alors lui-même producteur de données. A elles toutes, les réponses à ces questions représentent un gain mensuel de plusieurs milliers de dollars (plus de 17 000 dollars en juin dernier).

Mais tous les visiteurs ne tolèrent pas cette contrainte et le site a enregistré quelques déconvenues en voyant son trafic baisser ponctuellement sur les pages proposant les jeux de données. Le modèle reste malgré tout rentable et permet au journal de proposer de nouveaux formats et de couvrir ses frais de personnel, tout en continuant de proposer des données d’intérêt public en accès libre et gratuit. Le citoyen reste informé et le média s’auto-suffit.

Des données contre un service : une logique gagnant-gagnant

Une troisième voie consiste à troquer des données contre un service : à San Diego, inewsource, un média indépendant lui-aussi, échange les données qu’il recueille lors de ses investigations contre des emplacements dans la newsroom de BPBS, la station radio & TV locale : une logique gagnant-gagnant. 

Alors, les jeux de données construits par les journalistes, une ressource financière encore trop négligée par les médias ? Des pistes à suivre…

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