Troller, ce nouvel art diplomatique

18 mai 2015

Les trolls sont-ils en train d’envahir les couloirs feutrés de la diplomatie ? Pour Daniel W. Drezner, professeur de Politique Internationale à la Fletcher School of Law and Diplomacy de la Tufts University, les trolls – ou ces internautes adeptes de la provocation qui n’aiment rien de moins que créer du débat, attirer l’attention ou ridiculiser quelqu’un – sont d’ores et déjà bien installés.

Dernier exemple en date ? L’échange de tweets entre le sénateur américain Tom Cotton et le ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zarif :



Pour Daniel W. Drezner, cet évènement est représentatif d’une évolution :

« Ce qui rend le trolling diplomatique plus courant est que, à l’inverse des siècles précédents, il est désormais complexe pour les représentants d’ignorer des politiciens en train de les railler […]. Dans le passé, il aurait fallu des jours pour que des paroles d’un sénateur ou d’un maire traversent les océans, permettant aux diplomates de s’offrir le luxe de les ignorer. Aujourd’hui, les commentaires instantanés sur Facebook ou les réponses sur Twitter rendent difficile à quiconque d’ignorer un troll, d’autant plus lorsque ce troll est un sénateur. »

Une évolution dont il reste complexe de voir les effets concrets par manque de recul historique. Car, comme le note le chercheur, cet échange entre le sénateur et le ministre n’a en rien empêché l’avancée des négociations sur le nucléaire iranien.

Mais quid de cette évolution sur le long terme ? « La question la plus intéressante à se poser est de savoir comment les futures générations de leaders – nées dans un monde où les SMS, Twitter et Instagram sont les principaux moyens de communication – envisageront-elles les relations internationales », conclut Daniel W. Drezner.

Pour en savoir plus, lire l’intégralité de l’analyse sur le Washington Post.

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