Twitter est-il sexiste ?

Quelle est la présence des femmes sur les réseaux sociaux et comment y sont-elles représentées ? Des chercheurs se sont penchés sur la question et ont créé un algorithme qui permet d’évaluer le « taux de présence » des femmes sur les réseaux sociaux. Une étude relayée par FastCompany dans un article publié le 1er mai.

« Mon but était de voir si la représentation des genres que nous avons dans les films était la même dans la société « , explique David Garcia, chercheur en ingénierie à l’Université ETH Zurich qui a travaillé sur ce test. « Nous avons trouvé qu’il y avait une plus forte inclination du côté masculin que féminin et que le phénomène était notamment observable sur la plateforme Twitter ».

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont d’abord programmé un algorithme selon les critères du test Bechdel qui vise à démontrer par l’absurde si un contenu est sexiste ou non. Pour ce faire, trois critères doivent être remplis : l’œuvre doit faire apparaître deux femmes identifiables ; celles-ci doivent parler ensemble et d’autre chose que d’un homme. Si les trois critères sont validés, le contenu n’est pas considéré comme sexiste, dans le cas contraire, le test affirme que l’oeuvre est principalement centrée sur les hommes.

Les femmes, grandes absentes des conversations sur Twitter

Les chercheurs ont commencé par appliquer l’algorithme aux bandes annonces des films postées sur les plateformes de vidéo en ligne, puis ont analysé les échanges concernant lesdites vidéos sur le réseau social Twitter. Résultat : seulement 30% des femmes partagent les films qui avaient réussi le test Bechdel. Selon les chercheurs, Twitter serait donc un réseau social sexiste dont les conversations seraient tournées principalement vers la gent masculine.

Et ils ne se sont pas arrêtés là, puisqu’ils ont aussi scruté des centaines de conversations entre « twittos » concernant des scènes cultes de films. Le coeur de leur analyse : savoir si les utilisatrices conversent à propos des hommes qui apparaissent dans les scènes ou si elles parlent d’autre chose. Résultat : seulement 10% des échanges se sont déroulés entre femmes et sans mentionner d’hommes alors que 20% des conversations entre hommes ne mentionnaient pas de femmes.

Comment expliquer de telles différences dans les « gazouillis » du réseau social ? Selon David Garcia, l’explication tiendrait au nombre considérablement plus élevé d’utilisateurs que d’utilisatrices. Ces dernières seraient, de plus, moins impliquées dans de grands débats en ligne.

Pour en savoir plus, c’est à retrouver ici dans l’article de FastCompany.

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