Une attention nouvelle nécessaire

28 octobre 2011

Lorsque Freinet voulait faire pratiquer l’imprimerie à ses jeunes élèves, il était marginalisé et seules les sections techniques avaient obligation de se salir les mains avec la technique. Une nouvelle chance s’offre à l’école pour exploiter des savoir-faire qui émergent à travers la pratique du jeu vidéo, qui réalise l’exploit de capter l’attention aussi bien en durée qu’en intensité, ce qu’aucun média ne faisait auparavant.

Le premier avantage décisif des jeux vidéo est qu’ils font passer de la perspective à l’immersion, proposant ainsi un changement radical de mode de perception. Paradoxalement, la perte de capacité attentionnelle si souvent dénoncée pourrait se voir réparée par le gameplay et les qualités visuelles des jeux vidéo. Une attention nouvelle est d’autant plus nécessaire que la formation des élèves doit viser à les  insérer dans des mondes complexes, incertains, mobilisant des savoirs hétérogènes, dans un climat de stress élevé.

La simulation est le second avantage décisif sur ce plan. Désormais, la qualité perceptive et scénaristique des cas (proche en cela du Case Base Reasoning ou « raisonnement par cas », soit la résolution d’un problème en se référant à des cas analogues déjà résolus par le passé, NDLR) peut être un attracteur majeur, les situations de coopération peuvent simuler des interactions à effets visibles immédiatement, les données collectées pour produire les cas peuvent devenir de plus en plus réalistes. La simulation, notamment dans le domaine des city builders qui nous intéresse directement dans les formations sur l’urbain à Sciences Po, permet de baser la formation sur une véritable production (de ville) et sur des décisions, en situation collective réaliste où les conséquences se mesurent aussitôt.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email