Une génération post-micro

28 octobre 2011

On qualifie les adolescents actuels de "digital natives", car pour eux l’ordinateur personnel, la console de jeu et le téléphone mobile ne sont pas des conquêtes technologiques mais des objets aussi familiers que l’automobile, le téléviseur ou la fourchette.

L’attitude qu’ils ont vis-à-vis de leur environnement numérique me semble parfois passive. Les "digital natives" méritent peut-être d’être appelés "digital naives". Ils pratiquent les réseaux sociaux plusieurs heures chaque jour et sont capables d’écrire un message en quelques secondes en n’utilisant que leur pouce mais peuvent pourtant souffrir de lacunes étonnantes. Il m’arrive à présent de devoir renseigner des étudiants vingtenaires sur la marche à suivre pour ouvrir ou enregistrer un fichier informatique. Les terminaux numériques ne sont-ils pas en train de devenir une nouvelle forme de télévision dont la matière serait constituée par ses propres utilisateurs ?

En tant qu’enseignant, je considère comme un devoir
de faire comprendre à mes étudiants à quel point l’ordinateur peut être un outil de création et d’émancipation. Je le fais en leur apprenant la programmation, ce qui me semble un des meilleurs moyen pour avoir une prise sur son environnement numérique. J’essaie aussi d’inscrire leur appréhension des "nouveaux" médias dans une perspective historique, de leur expliquer qu’il a existé une époque où l’on ne pouvait utiliser un ordinateur sans être un peu programmeur soi-même et où Space Invaders n’existait pas… « C’est quoi, Space Invaders, monsieur ? ».

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