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Une prothèse vocale capable de s'adapter à son utilisateur

16 décembre 2013

On imagine difficilement une petite fille avec une voix d’homme ou encore une « voix-robot »… Et pourtant les synthétiseurs de voix conçus pour les personnes ayant une défaillance de la parole n’offrent pas le choix de l’intonation. Reproduites pour plus de 2,5 millions d’américains, les voix informatisées donnent un côté « humanoïde » à son utilisateur. Pas toujours très claires, sans nuances et génériques, elles peuvent être un frein à l’intégration sociale. Et, s’il était possible de donner une identité vocale à la prothèse ? C’est ce que nous rapporte la journaliste Ariel Schwartz dans un article de FastCompany.

Le projet VocaliDfinancé par la Fondation nationale pour la science, a été présenté lors de la conférence WomenTed par Rupal Patel, directrice du Centre d’analyse de communications et de conception de laboratoire (le Cadlab) de l’Université de Northeastern. Son objectif est de faire correspondre la voix informatisée avec son utilisateur.

Parti du constat que les appareils disponibles actuellement ne sont pas représentatifs de la personne, l’équipe de Cadlab a voulu adapter le synthétiseur de la parole informatisée avec les caractéristiques telles que le genre, la taille et l’âge de son utilisateur.

> Redonner une identité vocale en passant par un donneur sur-mesure

En effet, basée sur le traitement linguistique, comme dans la technique de reconnaissance vocale, la synthèse vocale permet de construire des interfaces génériques. Elle n’est cependant pas capable de produire une intonation naturelle ou de prendre en compte les nuances de la voix qui nous personnalise. Elle est un peu ce que la machine de Turing serait à l’homme : une pure imitation. Et sans cette simulation, le texte synthétisé donne encore plus l’impression d’une voix artificielle, une « voix robot ».

L’idée de VocaliD est de rechercher les propriétés acoustiques de la personne, même très faibles, et de les associer à la voix d’un donneur. Selon FastCompany :

VocaliD est encore à ses débuts. Il faut plus de bénévoles pour générer ces voix synthétiques qui soient prêts à donner de leur temps. 

« Le « donneur de voix » consacre généralement trois à quatre heures à réciter des phrases qui couvrent toutes les combinaisons de sons présents dans une langue ».

Sur RSLN, on vous parle souvent de prothèses dans le domaine de la santé. Ici, c’est la réhabilitation de la voix qui trouve des réponses de plus en plus fines grâce au numérique. Une avancée technologique qui a aussi fait l’objet d’un témoignage poignant sur Internet et dans les media, celui de Samantha Grimaldo, adolescente atteinte d’un syndrome rare lui ôtant la possibilité de parler. Dans un reportage de la National Public Radio (NPR), elle y explique comment elle a retrouvé une part de sa personnalité grâce au projet de Rupal Patel. Car selon les chercheurs de Northeastern et Samantha : « là où est la mélodie – c’est là que l’identité de quelqu’un est, une identité vocale ».

Pour en savoir plus, c’est ici.

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