Usage des données dans la ville : un guide pour les décideurs publics share
back to to

Usage des données dans la ville : un guide pour les décideurs publics

28 octobre 2014

Deux professeurs d’Harvard ont publié un ouvrage sur l’utilisation des données pour rendre plus efficace la gouvernance d’une collectivité, et améliorer les relations entre décideurs publics et administrés. Une information repérée dans Harvard Magazine.

Montrer de façon très concrète les possibilités offertes par l’usage des data pour rendre les politiques municipales plus efficaces, mais aussi plus réactives aux sollicitations des citoyens : c’est l’objectif de Susan Crawford, professeur invitée spécialiste de la propriété intellectuelle à la faculté de droit d’Harvard, et Stephen Goldsmith, professeur en « Practice of Government » à la Harvard Kennedy School.

Leur ouvrage, The Responsive City: Engaging Communities Through Data-Smart Governance, analyse les innovations mises en place par les villes de New York, Boston, et Chicago. Pour eux, l’analyse des données possède un réel pouvoir transformatif, en reliant les élus et les employés municipaux entre eux, mais aussi – et surtout – aux administrés.

Cette responsive city qu’ils décrivent relie la ville et ses habitants à travers la technologie qui permet de répondre à leurs attentes et aux problèmes rencontrés tous les jours. Cela peut se traduire par des détecteurs analysant le trafic routier et adaptant en conséquence les feux tricolores, ou l’application Citizens Connect mise en place depuis cinq ans par la ville de Boston qui permet de prendre des photos pour signaler les problèmes de voirie.

Mais les citoyens ne font pas que se plaindre, ils peuvent aussi être associés à la prise de décision. Les deux auteurs citent le cas de la ville californienne de Palo Alto qui a mis en place une plateforme de visualisation interactive de son budget. Susan Crawford explique l’intérêt d’une telle démarche :

« Les citoyens souhaitent s’investir, mais ils n’ont pas le temps d’aller à une réunion publique de trois heures. Internet leur permet de s’y consacrer rapidement : ils peuvent comprendre un sujet, le visualiser, et agir dessus. »

Rendre la ville plus efficace, plus réactive, tel est donc l’objectif. Goldsmith estime que « nous pouvons admettre (…) que quoique que nous décidions de déléguer aux autorités publiques, elles devraient le faire bien ».

Solutionniste, cette vision du numérique dans les politiques publiques ? En organisant les déplacements et les interactions, les systèmes automatisés réduisent les dilemmes, les frictions, les cas de conscience et autres choix pénibles pour les usagers – et les risques de fraude pour la collectivité. Et Sophie Pène de rappeler lors de notre débat « Ça changera quoi de vivre dans une ville intelligente ? » que « la question numérique est une question politique », et de vouloir du numérique de « nous responsabiliser et pas nous endormir ».

Pour plus d’informations sur cet ouvrage, rendez-vous sur Harvard Magazine.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email