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Bientôt un « simulateur planétaire » en temps réel ?

19 août 2012

Combien faudrait-il de planètes Terre pour nourrir tout le monde, si chacun vivait comme les Américains ? Un blogueur, Tim de Chant, a représenté la réponse à cette question dans une infographie présentée par FAST Co.Exist : ce serait 4,1 planètes comme la nôtre, dont nous aurions besoin. Et comme les Français ? Tout de même 2,5

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler de la façon dont les données massives deviennent un guide pour l’action publique : le fait de pouvoir mesurer de plus en plus finement les impacts réels de nos activités sur l’environnement, et même de chiffrer leurs coûts cachés pour la collectivité, permet de créer des systèmes d’incitation à des comportements plus responsables. Pour certains, comme Bruno Marzloff, cette logique – à la base de l’économie du développement durable – devrait même être le principe moteur d’une ville, voire d’une société « vraiment » intelligente.

Oui, mais voilà : à présent que le monde entier est réuni dans un « village global », aux économies interdépendantes et aux ressources limitées, il faudrait agir au niveau planétaire pour que cette « régulation » par les données fonctionne. Pour cela, des chercheurs suisses ont peut-être la solution : ils se proposent de mettre au point un système informatique incroyablement ambitieux, capable de modéliser et simuler l’ensemble du fonctionnement de la planète. 
 

> Prendre le pouls de la planète en temps réel

L’idée est que, avec suffisamment de données et de puissance de calcul, un même superordinateur pourrait nous permettre de prévoir aussi bien une tempête tropicale à venir, qu’un effondrement économique, une épidémie émergente ou un conflit armé.

Il y a encore quelques années, ce projet titanesque aurait pu sembler vraiment farfelu : en effet, jusqu’à une période récente en effet, la technologie ne permettait pas d’envisager un tel projet. A présent, nous disposons d’énormes bases de données sur toutes sortes de sujets, ainsi que des capteurs et des laboratoires partout dans le monde, explique NBCnews. Alors, pourquoi ne pas voir les choses en grand ?

L’équipement progressif de la population mondiale en smartphones pourrait également servir le projet : les accéléromètres, thermomètres, caméras et autres capteurs présents dans nos téléphones peignent une image du monde en temps réel, à laquelle les chercheurs pourraient accéder rapidement. Tous ces points d’entrées dans la « matrice » du monde composent ce que les porteurs du projet appellent le « système nerveux planétaire ». Centralisées dans le « simulateur », des interactions impliquant jusqu’à 10 milliards d’agents seraient ainsi modélisées et transformées en modèles prédictifs.

Ce projet, baptisé FuturITC, est en lice pour obtenir un financement européen pouvant aller jusqu’à 100 millions de dollars par an. Pour prouver leur sérieux, les chercheurs se sont entourés de prestigieux partenaires, grandes entreprises et universités.

Alors, les données massives recèlent-elles le secret du développement durable ? Si FutureICT venait à être à la « gestion du monde en temps réel » ce qu’Internet est aujourd’hui à la communication, nous pourrions bientôt être fixés.

Toutefois, une question subsiste – et elle est de taille : doit-on confier nos vies à un tel superordinateur ? Autrement dit, ce règne des algorithmes ne nous prépare-t-il pas un monde un peu trop orwellien…?

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