Vêtements connectés : « juste un problème d’image » ! share
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Vêtements connectés : "juste un problème d’image" !

15 mai 2014

« Absurdes », « anecdotiques ». Le jugement des Français à l’égard des vêtements connectés est sans appel. Du moins pour ceux qui en ont déjà entendu parler. Car selon un récent sondage sur les usages numériques hexagonaux, 67 % des personnes interrogées ne savent même pas de quoi il s’agit. C’est dire. Outre-Atlantique, certains communicants sont persuadés que le problème ne vient pas ces vêtements en eux-mêmes… mais de leur mauvaise image.

Vêtements connectés, quèsaco ?

Mais que se cache-t-il sous ce vocable de « vêtements connectés » ? « L’informatique prêt-à-porter », c’est tout vêtement ou accessoire, du T-Shirt à la montre en passant par la paire de chaussures, équipé de capteurs capables de collecter des informations (ou données) et de les communiquer pour être stockés et analysés. Concrètement, le T-shirt connecté pourra par exemple renseigner à un coureur son rythme cardiaque, voire même vérifier qu’aucun signe d’hypertension artérielle n’apparaît. Du côté des montres, la majorité des modèles connectés permettent de lire ses SMS ou ses e-mails, mais aussi de se localiser grâce à un GPS intégré, ou encore de mesurer les distances parcourues grâce à un podomètre. Pour les plus sceptiques, rassurez-vous : la montre connectée vous donne encore l’heure.

Le problème avec les vêtements connectés : leur mauvaise image !

Si le marché pèse (déjà) 8 milliards de dollars et qu’il devrait atteindre 50 milliards d’ici 2020 selon certains analystes, les fabricants sont bien conscients de la mauvaise dynamique dans laquelle ils pourraient rapidement se trouver si leurs produits ne parvenait pas à se démocratiser. Par le biais d’une tribune publiée sur Wired, la communicante Lisa Calhoun pose un constat accablant pour ces firmes : les vêtements connectés n’intéressent à ce stade que les early adopters, ceux qui ont tendance à acheter toutes les nouveautés :

« L’industrie des vêtements connectés a travaillé dur pour cultiver une image attirant les geeks. Mais celle-ci est préjudiciable à une démocratisation de son adoption. Ce n’est pas ambitieux ; c’est élitiste. »

Selon elle, les vêtements connectés s’enferment dans une image de gadgets, souvent pour sportifs, et se coupent surtout des attentes des consommateurs à grand renfort de langage technophile voire futuriste :

« La plupart des gens ne vont pas acheter des objets dans le présent parce qu’ils viennent du futur. Ils sont utilitaristes et ont une aversion au risque. »

Pour Lisa Calhoun, l’industrie doit donc rapidement sortir du jargon scientifique dans lequel elle est en train de s’enfermer. Et préconise à la place de mettre en avant les sensations ressenties, ce que cela fait de porter un vêtement connecté. Et, surtout, ce que cela peut changer dans la vie de tous les jours.

Il faudra probablement plus que ces recommandations pour faire changer d’opinion les Français qui, pour une très large majorité (69%), considèrent les vêtements connectés comme « un risque, qui renforce le nombre de données disponibles sur chaque individus ». Au point de se mettre aux vêtements « déconnectés » ?

Lire l’intégralité de la tribune de Lisa Calhoun sur Wired.

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