Vibrations fantômes dans nos poches : quand notre esprit nous trompe share
back to to

Vibrations fantômes dans nos poches : quand notre esprit nous trompe

24 septembre 2014

Avez-vous déjà sorti votre téléphone de votre poche en pensant, à tort, l’avoir senti vibrer? Cette sensation de « vibrations fantômes » concernerait près de deux tiers des détenteurs de mobiles, smartphones ou non. Une curieuse hallucination qui en dit long sur notre rapport à ces appareils électroniques, selon un article de Wired du 23 septembre

Un grand nombre d’études se sont penchées ces dernières années sur le phénomène, afin de lui attribuer enfin une cause. David Laramie, psychologue dans une clinique de Berverly Hills, y a même consacré sa thèse. Selon lui, ces vibrations feraient partie de notre environnement moderne et de notre relation presque charnelle à la technologie.

Ces vibrations fantômes tiendraient d’une mauvaise interprétation de la part de notre système nerveux. Elles correspondraient à un moment pendant lequel notre cerveau, moins attentif et pertinent qu’à son habitude, se laisserait aller à discerner de fausses stimulations, sans rapport aucun avec une dégradation de notre santé mentale. C’est pourquoi Laramie préfère au terme d’« hallucination » celui de paréidolie, ce phénomène qui nous conduit par exemple à discerner des visages parmi les nuages ou un dalmatien parmi un simple amas de taches noires et blanches.

Sliman Bensmaia, neuroscientifique spécialiste du toucher à l’Université de Chicago, avance une explication plus mécaniste à ces vibrations fantômes. Deux types de récepteurs situés dans l’épiderme se chargent de détecter les vibrations, explique-t-il : les corpuscules de Meissner, pour les plus lentes d’entre elles, et ceux de Pacini, pour les hautes fréquences. La plupart des téléphones vibrent entre 130 et 180 hertz : pile dans le spectre détecté par ces deux corpuscules. Or, le frottement des vêtements sur notre peau produit une vibration du même ordre, activant du même coup ces récepteurs sensoriels. 

L’âge et le recours systématique au téléphone pour réguler ses émotions auraient aussi une influence dans la perception de ce type de vibrations. Est-ce à dire que les vibrations fantômes sont un phénomène générationnel ? Les individus de vingt à trente ans ayant grandi avec un téléphone auront en tout cas davantage tendance à en être victime que les personnes âgées ou technophobes.

Simplement surprenantes et intrigantes pour la majorité des personnes, ces vibrations seraient considérées comme gênantes par 5 à 10% des individus concernés. Pour ces derniers, un moyen simple de les faire disparaître existe : ne plus avoir recours au vibreur ou changer son téléphone de poche. Ce léger bousculement des habitudes sera suffisant à rendre au cerveau sa raison. 

Plus d’informations ici

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email