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Ville numérique et expérience démocratique

26 novembre 2013

Nous aimerions tous que ville numérique, ville créative et ville durable se superposent, et cela nous semblerait naturel. Car le numérique, en changeant les façons de vivre, de tomber amoureux, de faire la cuisine, de surveiller sa santé, de faire du sport, de suivre des cours, de bricoler peut nous conduire vers plus de rencontres, plus de soin les uns envers les autres. Le numérique a réveillé le sens des biens communs et a fait de la Ville le lieu numérique par excellence.

Le Vélib et l’Autolib sont emblématiques de cette combinaison heureuse du bit et de l’atome. Les jardins partagés et les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ont une organisation et un développement facilité par de simples pages Wiki. A coup sûr l’open data, l’open source et les réseaux collaboratifs améliorent la démocratie urbaine par plus de participation, plus d’innovation ascendante. 

Et pourtant ouvrons les yeux, sortons des petits mondes, le rêve a ses limites : la ville numérique est une ville électrique qui palpite de  data centres, de serveurs et d’écrans jamais éteints. Les capteurs de l’énergie, de l’eau ou encore de nos mobilités sont des automates de surveillance qui nous dispensent de lucidité. Le pouvoir d’agir grâce au numérique reste l’apanage de rares collectifs, qui réunissent des envies de solidarités, la curiosité technique, des cultures diverses et un penchant utopique. 

La question numérique est une question politique. Nos décideurs urbains, professionnels de la politique,  persistent à penser systèmes et tuyaux et négligent la valeur sociale et morale de l’expérience numérique. Nous, les habitants, nous attendons une démocratie ouverte, transparente, qui rend des comptes, ouvre les données pertinentes, facilite les usages de tous les habitants, et permet aux jeunes, aux écoliers, aux âgés, aux patients, aux migrants, aux femmes d’accéder à la littératie numérique.

Nous attendons le co-design de services, et pas seulement des panneaux d’information municipaux. Nous voulons utiliser les smart grids pour nous responsabiliser et pas nous endormir. Pour que ville numérique et ville durable se rapprochent, il faut que les politiques comprennent enfin que le numérique a déjà changé la ville et que l’avenir de nos villes dépend de la créativité et du pouvoir d’agir de tous les habitants.

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