Vous avez tendance à vous autocensurer ? Fuyez les réseaux sociaux ! share
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Vous avez tendance à vous autocensurer ? Fuyez les réseaux sociaux !

11 septembre 2014

La « spirale du silence » : un concept des années 70 selon lequel nous serions amenés à taire notre opinion, dès lors qu’elle divergerait de celle de la majorité et pourrait heurter ou froisser notre interlocuteur. Ce concept prend un sens nouveau avec les réseaux sociaux, censés aggraver le phénomène, selon une étude américaine explicitée par The Independent

Difficile de combiner liberté d’expression et volonté de plaire à ses amis Facebook, lorsque l’on sait que ces derniers sont en moyenne issus de 7 milieux sociaux différents et que chaque post, statut ou tweet sera simultanément vu et commenté par la majorité de notre réseau (ou du moins, ceux à qui les algorithmes jugeront bon de montrer votre prose). Une source de stress pour certains internautes qui, attachés à leur identité numérique ou investis d’une trop grande responsabilité pour des tweets qui « n’engagent qu’eux », choisissent de se réfugier dans le silence plutôt que de partager des opinions jugées trop nuancées.

Snowden, Gaza… la prédominance d’opinions tranchées sur les avis modérés

Etouffer les débats intéressants au profit de sujets stériles, c’est le travers dont l’étude du Pew Research Center accuse les réseaux sociaux. 

Les réactions de 1801 adultes américains face aux révélations de Snowden sur la surveillance gouvernementale, thème dit « équitable » quant à la répartition d’avis positifs et négatifs, ont été analysées afin de parvenir à ce constat. Les individus étudiés ressentaient plus de réticence à s’exprimer à ce sujet sur les réseaux sociaux qu’en face-à-face, jugeant la pression sociale moins forte. Plus problématique : les opinions exprimées sur le web étaient pour la plupart tranchées, au détriment des avis nuancés, favorisant un débat manichéen. Un résultat qui s’explique par la tendance à se rallier aux opinions majoritaires ou aux différentes suggestions faites par les algorithmes de recherche en ligne, qui entravent la réflexion.

Une étude qui va à l’encontre de la prétendue diversité d’opinions sur le web

Même si l’échantillon analysé s’avère limité, on peut facilement imaginer comment ces résultats s’appliquent au plus grand nombre. En faisant de l’approbation générale le juge de la qualité d’une opinion, les réseaux sociaux entretiendraient une autocensure plus forte que dans nos échanges physiques, empêchant les opinions modérées d’émerger. Ces « modérés » seraient ainsi davantage amenés à liker ou partager des contenus déjà préparés qu’à faire part de ceux dont ils auraient eux-mêmes pu être à l’origine. 

Cette crainte du débat aura-t-elle à terme une incidence sur les discussions citoyennes ? Une citoyenneté informée dépend de l’exposition des gens à l’information contradictoire et de leur volonté d’émettre leurs propres idées et de les partager avec leur entourage. Qu’arrivera-t-il à nos politiques si nous ne sommes plus capables d’en débattre ?

Plus d’informations avec l’article de The Independent.

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