Wifi, sommes-nous tous addicts ?

20 novembre 2013

« L’addiction à Internet est réelle », c’est l’affirmation du magazine The Verge qui dévoile une data visualisation réalisée par la société américaine Iconic Displays. La question soulevée : Et si la dépendance à Internet était reconnue comme une maladie ? En effet, aujourd’hui aux Etats-Unis elle aurait déjà un nom : Internet Addiction Disorder (IAD – ou trouble de l’addiction à Internet). Explications.

D’après l’infographie  Iconic Displays :

  • 60% des personnes interrogées ne peuvent se déplacer sans une connexion wifi plus d’une journée,
  • 75% déclarent que le maximum de temps de déconnexion est évalué à une semaine. 

Entre surcharge informationnelle, forte exposition aux écrans ou tendance lourde au multi-canal notre environnement quotidien et nos comportements se voient bouleversés. On serait dans une société hyper-attentionnelle, selon Katherine Hayles citée dans les travaux de recherche de l’IRI.

L’hyper-attention est caractérisée par  « leoscillations rapides entre différentes tâches, flux d’informations recherchant un niveau élevé de stimulation et ayant une faible tolérance pour l’ennui ».

Parmi toutes ces attitudes, la data-visualisation relève la nécessité aujourd’hui d’être constamment connectée. Cet impératif a notamment l’effet de réduire notre capacité attentionnelle au travers de pratiques tels que le zapping, le multitasking, la lecture trop rapide et fragmentée en passant d’un lien à un autre par l’hypertexte. 

The Verge dresse aussi comme symptômes :

– la perte de la notion de temps passé sur les écrans,

– l’affaiblissement de l’engagement,

– l’exacerbation d’addictions qui existent déjà AFK (away from keyboard).

La visualisation de données classe comme premières addictions recensées le cybersex, les achats en ligne compulsifs et les jeux d’argent, mais aussi le sentiment de solitude et de culpabilité. Ainsi deux universités basées en Allemagne ont récemment trouvé qu’une personne sur trois se sentait déprimée après avoir visité son fil Facebook.

Des gestionnaires et coach personnel en matière de posturologie – comme la société LumoBack – ont par ailleurs mené une enquête relative aux différents syndromes propres à la Silicon Valley. Ainsi, 60% des participants ont déclaré avoir des effets néfastes sur leur santé résultant des technologies. 

Pour nuancer le propos, on peut noter que seulement 61% des américains ont un accès Wifi chez eux, selon l’infographie. Un effort de couverture territoriale semble donc malgré tout devoir s’imposer pour éviter une fracture numérique et culturelle. 

Pour en savoir plus sur l’infographie, c’est ici.

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