« Wiki wars » : ces luttes qui façonnent (aussi) l’encyclopédie collaborative share
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"Wiki wars" : ces luttes qui façonnent (aussi) l'encyclopédie collaborative

7 août 2014

Vous pensez que Wikipédia est un modèle de travail collaboratif et une co-construction joyeuse du savoir par des milliers de passionnés ? C’est sans doute vrai. Mais le contenu de ses pages est tout autant le fruit de guerres intestines permanentes : des « batailles éditoriales » que les initiés connaissent sous le nom de « wiki wars ». Vues comme nécessaires à l’impartialité de la plateforme, elles sont aussi supectées de favoriser des déséquilibres au sein de la communauté. C’est ce que rapporte la BBC dans un article qui revient sur ces étranges conflits entre contributeurs.

Le « flaming war » pour le plaisir de débattre 

Selon la BBC, les wikipédiens se diviseraient en deux camps : les pointilleux versus les laxistes. Pour l’un, seuls les faits les plus pertinents et vérifiables devraient apparaître. L’autre serait moins regardant sur la qualité des références, et le premier groupe lui reproche de laisser parfois passer des informations controversées. Dans ce grand champ de bataille, certains mordent à l’hameçon du plaisir de débattre sur des sujets qui peuvent sembler anecdotiques – comme cette querelle relevée par la BBC, visant à déterminer si quelques vidéo postées par des supporters du « Flo’ball » suffisent à élever cette activité au rang de sport. Mais pour les Wikipédiens, ces débats vifs (ou « flaming wars ») sont nécessaires et la conséquence directe de la nature collaborative de la plateforme. Ainsi, selon Jimmy Wales, cofondateur de l’encyclopédie en ligne : « La minute où nous arrêtons d’avoir du débat, c’est la minute où nous commençons à faire des erreurs ».

Un protocole nécessaire pour être impartial ?

Mises à part de nombreuses altercations philosophiques, la plupart des conflits se concentrent sur la façon d’interpréter les principes fondateurs de l’encyclopédie, et notamment celui de la neutralité de point de vue (NdPV). 

Les arguments pour atteindre cette politique d’impartialité peuvent prendre une tournure étrange lorsqu’il s’agit par exemple de savoir si l’usage de l’adjectif « mignon », pour qualifier un animal ou un bébé est une violation des directives du site. Car après tout, la gentillesse est une donnée subjective : entre « awww » (pour mignon) ou « meh » (pour bof), l’appréciation varie d’une personne à l’autre.
 

Les « wiki wars », un monde où seuls les geeks résistent

Autant de débats qui concerneraient surtout les « geeks » et chasseraient de nombreux volontaires, notamment les femmes, estime Roberta Wedge, une ancienne contributrice. Or la proportion des contributrices oscille entre 8 et 15%, un taux éloigné encore des 25% souhaités pour 2015 par Sue Gardner, l’ancien directeur exécutif de la Fondation Wikimedia.

Ce déséquilibre démographique se traduirait par un inquiétant manque de diversité dans les sujets abordés et conduirait à des biais dans les points de vue adoptés. Il y aurait ainsi plus d’articles pour la catégorie sur Le Seigneur des Anneaux que pour le groupe sur l’Afrique subsaharienne. 

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article de la BBC.

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